Langue: FRA  |   ENG  |   العربية   |  ITA
 
Page d'accueil
Agenda
Arts et Spectacles
Culture et Société
Littérature
Voyages
Dossier
Projet UE
NEWS
 
> Gaâda Diwane de Béchar
> Exposition "Exil, Exit? Vivre sans-papiers en Europe"
> La journée sans immigrés: concert de soutien
> Concours international de nouvelles
> 2e Edition d’AllArtNow, Damas
> «Tous en Scène», Maroc
> Home Works V: Forum des pratiques culturelles au Liban
> Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéens
> Nouvel appel à candidatures de Greenhouse
> 3e édition de la Biennale Internationale «Arts in Marrakech», au Maroc
> Bienvenue sur Trans... ...européennes
> Exposition Maroc-BD à Tétouan
> TV5 MONDE en Méditerranée
> Saison de la Turquie en France
Festivals
Journaux
Revues
Bibliothèques
Musées
Rechercher les articles dans l'archive
Recherche
Méditerranée / Le carnage de Gaza, criminel et abject
 
Michel Warschawski
Il faut le dire et le répéter: le carnage de Gaza n'est pas une réaction "disproportionnée" aux roquettes que tirent les militants du Jihad Islamiste et autres groupuscules palestiniens sur les localités israéliennes proches de la Bande de Gaza, mais une action préméditée et préparée de longue date, ce que reconnaissent d'ailleurs la plupart des commentateurs israéliens.

Il faut le dire et le répéter: ces tirs de roquettes ne sont pas, comme veulent nous le faire croire certains diplomates européens, des "provocations que rien ne peut expliquer", mais des ripostes, assez dérisoires il faut le reconnaître, à un embargo sauvage imposé par Israël, depuis un an et demie, au million et demie de résidents de la Bande de Gaza, femmes, enfants, vieillards compris, avec la collaboration criminelle des Etats-Unis mais aussi de l'Europe.
Il faut le dire et le répéter: il ne s'agit pas, comme on essaie de l'expliquer à tous ceux qui ont la mémoire courte ou sélective, d’un acte d'auto-défense, longtemps retardé, face à une agression palestinienne que rien ne justifiait. Ehoud Barak l'avoue sans problème, cela fait des mois que l'armée israélienne se préparait à frapper l'"entité terroriste" dénommée Gaza. Comme l'expliquait avec pertinence Richard Falk, rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme dans les territoires occupés, quand on définit comme "entité terroriste" une zone peuplée par un million et demie d'êtres humains, on entre dans la logique du génocide.

Tout comme l'attaque du Liban en 2006, l'agression israélienne s'inscrit dans la guerre globale permanente et préventive des stratèges néo-conservateurs en place à Tel-Aviv, et pour quelques mois encore, à la Maison Blanche. Comme son nom l'indique, cette stratégie est préventive, et n'a nul besoin de prétextes immédiats et tangibles: l'Occident démocratique serait menacé par un ennemi global que l'on a d'abord identifié comme "le terrorisme international" puis comme "terrorisme islamiste" pour devenir finalement l'Islam tout court. Le "choc des civilisations" de Huntington n'est pas une description de la réalité politique internationale, mais le cadre idéologique de la stratégie offensive des néo-conservateurs américains et israéliens, telle qu'elle a été élaborée en commun dès la seconde moitié des années quatre-vingt. Dans cette stratégie de guerre, la menace islamiste est venue remplacer ce qu'avait été le danger communiste pendant la guerre froide: un ennemi global qui justifie une guerre globale.

Si le bombardement criminel de Gaza jouit en Israël d'un soutien consensuel, si la gauche institutionnelle, et en particulier le parti Meretz, a joint son petit piccolo à l'orchestre guerrier dirigé par Ehoud Barak, c'est précisément parce qu'elle partage cette vision du monde qui fait de l'Islam une menace existentielle qu'il faut impérativement neutraliser avant qu'il ne soit trop tard.

À l'horreur du crime, il faut ajouter l'abject des motivations immédiates: dans moins de deux mois se dérouleront en Israël des élections générales, et les victimes palestiniennes sont aussi des arguments électoraux. Les martyrs de l'attaque israélienne sur Gaza sont l'objet d'une concurrence médiatique entre Ehoud Barak, Tsipi Livni et Ehoud Olmert, à qui sera le plus déterminé dans la brutalité. Le criminel de guerre qui dirige le Parti Travailliste, ou plutôt ce qu'il en reste, se vante ce matin d'avoir gagné quatre points dans les sondages. Au-delà du cynisme sans limite qui marchande 600 victimes palestiniennes innocentes contre quelques dizaines de milliers de voix, Barak démontre, une fois de plus, sa myopie politicienne: dans la surenchère de bestialité, et malgré tous ses efforts, il ne parviendra jamais à dépasser Benjamin Netanyahou, les électeurs préférant toujours l'original à la copie. D'autant plus que le chef de guerre se trouve aujourd'hui confronte au même problème que celui qui a transformé la guerre du Liban en fiasco israélien, un problème bien connu de tous ceux qui ont initié des guerres coloniales : comment la terminer ?

"On n'arrêtera que quand nous aurons fini le travail" annonce-t-il avec toute l'arrogance des petits chefs. Mais quand est-ce que "le travail" sera achevé ? Quand la population de Gaza et de Cisjordanie acceptera de capituler devant les rêves coloniaux des dirigeants israéliens et de limiter leurs aspirations nationales à un "Etat Palestinien" réduit à une douzaine de réserves isolées les unes des autres et encerclées par un mur ? Si tel est le "travail" que Barak espère pouvoir réaliser, le peuple israélien doit alors être prêt à une guerre qui ne sera pas seulement extrêmement longue mais sans fin. Et si l'Etat Juif est bien armé pour les guerres-éclair (blitz krieg, en allemand), surtout quand elles sont menées par l'aviation, il entre rapidement en crise des lors qu'il s'agit d'une course d'endurance dans laquelle les Palestiniens, comme tous les autres peuples victimes de l'oppression coloniale, sont passés maîtres.

C'est ce qui explique que moins d'une semaine après qu'elle ait débuté, et malgré les déclarations triomphalistes des politiques et des militaires, l'ambiance en Israël est dors et déjà en train de tourner. Samedi dernier, quelques heures après le bombardement de Gaza, nous étions un peu plus de mille personnes à manifester, spontanément, notre rage et notre honte, nous serons beaucoup plus ce samedi soir a exiger des sanctions internationales contre Israël et la traduction d'Ehoud Barak et cie. devant une cour de justice internationale. J'en suis certain.
(Jerusalem, le 1er janvier 2009)

Michel Warschawski
(07/01/2009)

*Michel Warschawski, écrivain israélien, porte parole du Centre d’Information Alternative


Il faut le dire et le répéter: ce n'est pas une guerre qui se déroule dans la Bande de Gaza, mais un carnage réalisé par la troisième force aérienne du monde contre une population civile sans défense.
La photo
 
«Equilibre - Le Caire» © babelmed
 
Livres
 
«Les oiseaux de bois» d’Asli Erdogan
«L’intégrisme islamique est un mouvement très minoritaire»
“Islam et islamisme, gare aux amalgames”
Le café d’Ylka, éditions Elyzad
Le Village de l’Allemande
Entretien avec Sonia Chamkhi
«Le silence de Mahomet» de Salim Bachi
Parution d'un magnifique roman, à lire absolument, en arabe ou en français!
«Al Faîl» de Hamdi Abou Golayyel, ou le Caire souterrain des déracinés
«A trois degrés, vers l’Est», recueil de nouvelles Chawki Amari
Atiq Rahimi, poète soufi de la liberté
Le Petit Malik, le nouveau Petit Nicolas, est arrivé
Milan-Rome, avant la fin du monde
'Jours tranquilles à Ramallah'
'Gomorra', retour sur un récit
Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter
«La prière du Maure» d’Adlène Meddi
«Chicago» de Alaa El Aswani
Murs, Larmes et Zatar de Gianluca Solera
 
Muzzika
 
MUZZIKA! Février 2010
MUZZIKA! Décembre 09-Janvier 10
MUZZIKA! 2009
MUZZIKA! 2008
MUZZIKA! 2007
 
Trans-ports poétiques
 
Pour Haïti
Trans-ports poétiques: Mahmoud Darwich
Trans-ports poétiques n° 21: Métamorphoses
 
Enquêtes
 
Les premiers chrétiens du Massif Calcaire
Dossier: «Les migrants subsahariens au Maghreb»
Réfugiés iraquiens en Syrie
Gaza, la honte
Gaza: la tentation de l'oubli
La France définitivement métissée. Un Dossier du Courrier de l’Atlas.
Projet Dar-Med: enquêtes en Europe et en Méditerranée
Islam en Italie, cris de guerre médiatiques et roulements de tambours politiques
Al Qaida: déclin ou sursaut?
L’architecte et le désert: “To build or not to build?”
'Je n'ai pas encore écrit ce que je voudrais écrire' (Mahmoud Darwich)
Méditerranée: femmes en situation de conflit
Dossier: L’amour à 20 ans, de quelle vie ont-elles envie?
 
Blogs
 
Jalel El Gharbi
 
Art culinaire
 
L'appétit inassouvi de Pulcinella
 
Appels
 
France Haïti Mobilisation 2010: aider Haïti dans la durée
 
Fournie par XAOS systems